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RIM : Interprètes en Mouvement

Comment vous décririez votre activité en quelques mots ?

On est un service d’interprètes en Langue des Signes Française (« LSF » pour la suite de l’article). Nous faisons aussi du sous-titrage : de la LSF vers le français, ou du français oral vers le français écrit.

Pouvez-vous présenter l’équipe ?

Nous sommes quatre : Thérèse Boissier, Jeanne Bourrec, Lucie Gaillard, et Blandine Roger qui nous a rejoint l’année dernière.

Comment vous êtes-vous rencontré·e·s ?

Thérèse, Jeanne et Lucie se sont rencontrées à la fac, au master. On était toutes en reprises d’études. Ensuite, on est allées en entreprise toutes les trois. On a rapidement eu la volonté de créer une entreprise plus petite, pour s’occuper d’une commande de A à Z.

On avait fait beaucoup de recherches pour savoir quel statut nous correspondait le plus. On avait eu chacune des petites expériences professionnelles, notamment en association, mais on voulait consolider tout ça en entreprise. C’est comme ça qu’on est rentrées à la Maison de l’Initiative en 2013, sous le collectif de « RIM », pour Réseau d’Interprètes en Mouvement.

Pourquoi avez-vous eu envie de travailler ensemble ?

On s’est bien entendu. On avait la même vision métier, de ce qu’on souhaitait faire, la mutualisation de moyens, dans le milieu de l’Économie sociale et solidaire. La chose la plus simple aurait été d’être interprète indépendante, et de se réunir éventuellement quand l’occasion se présentait.

Mais on voulait vraiment mettre en œuvre cette notion de service, d’unité, de portefeuille commun de compétences. Qu’on ait chacune une identité, mais que celle qui prime au final, ce soit celle du service.

Quels sont les avantages à travailler en collectif ?

On est assez complémentaires, en termes de gestion d’entreprise. On a chacune des compétences différentes. C’est enrichissant de s’appuyer sur les compétences de l’autre, et d’amener les siennes en complémentarité. Et il y a une sécurité due au fait d’être plusieurs. Toute l’entreprise ne repose par sur les épaules d’une personne.

Et puis, quand il y a une baisse d’énergie de l’une, c’est les autres qui prennent le relais, puisque dans une entreprise, il y a des hauts et des bas.

L’idée du collectif c’est ça, on gère autant le secrétariat et la gestion (la réception des commandes, les devis, les factures), la communication, et on tourne toutes les semaines. En ce moment, on forme Blandine, pour être quatre à tourner.

Et les contraintes ?

Est-ce qu’il y a des contraintes à la démocratie ? On a les contraintes des avantages : il faut faire avec les besoins de chacune.

En sept ans, l’entreprise a évolué, nos vies personnelles ont évolué. Le fait d’être en collectif, ça nous oblige à être à l’écoute de l’évolution des besoins et des envies des autres. Mais c’est riche aussi, parce que ça remet en question nos méthodes de travail, et nos façons de fonctionner. Chaque besoin individuel provoque une remise en question, et une tentative d’amélioration.

Et la maison de l'initiative dans tout ça ?

Ce qui est appréciable, c’est que la maison de l'initiative prend bien en compte la spécificité du collectif. On est accompagné individuellement et collectivement. La maison de l'initiative a toujours regardé le collectif, comme on lui avait demandé de le faire.

Et puis on a créé un collectif de collectifs. D’abord avec MAGENA 360' (qui était le tout premier collectif de personnes sourdes au sein de la maison de l'initiative) et Vice et Versa (des traducteurs professionnels sourds, c'est à dire qu'ils traduisent un texte français vers la langue des signes vidéo). Ces deux autres collectifs et nous avons pris un local commun. Ça a créé plein de synergies.

MAGENA a fermé. Mais on continue de travailler avec Vice et Versa On sous-titre parfois certaines de leurs traductions vidéos. On a de nouveaux locaux en commun : à Saint-Cyprien, 49 rue Viguerie. C’est le fait d’être ensemble au sein de la maison de l'initiative qui facilite les choses, de façon concrète.

L’anecdote de la machine à café ?

Quand on était à la fac, il fallait être performantes en LSF et en anglais. Manifestement, pour toutes les trois, nos profs ont estimé qu’il fallait qu’on améliore notre anglais. On est donc parties à Bruxelles. On n’a pas forcément amélioré notre niveau d’anglais, mais les premiers liens se sont tissés là-bas, autour de bières et de sorties.